Bavay 1

Bavay 1disparition/ré-apparition,

 

notions liées à la fois aux pratiques archéologiques et muséographiques

– disparition progressive d’un site et réapparition à l’occasion de fouilles pour l’archéologie / exposition des objets dans un musée ou protection dans une réserve pour la muséographie ;

 

en l’occurrence,

 

la disparition équivalant à la dispersion des objets dans les collections nationales et européennes,

 

et la réapparition à leur réunion et à leur présentation au public, ces deux notions étant moins stéréotypées sur le plan visuel que les motifs, par trop intentionnels, de la caisse en bois, de la valise, etc. qui, par ailleurs, évoqueraient bien plus le voyage que le moment du retour en particulier

 

 

 

 

Dans notre visuel et ses déclinaisons possibles, le binôme disparition /apparition est traduit par le traitement hémisphérique de la figure en bronze: une moitié apparente, une autre moitié traitée graphiquement selon un processus d’effacement

de la figure,

 

mais d’un effacement qui n’est pas total, où subsistent le contour et un peu de matière, quelque chose comme une rémanence en décalage avec l’objet qui la produit.

 

Car la disparition d’un objet, d’un site ou d’une époque n’est au fond jamais absolue :

 

il subsiste toujours des traces,

un souvenir, une image mentale,

relayée ici par cette autre image

mentale de l’homme en toge,

là encore dessinée (installant

par là-même une autre dualité                         de l’iconographie antique :

 

la nudité pour la figure en bronze et le vêtement enveloppant, le plissé, pour l’homme en toge)..

 

 

Une autre image mentale occupe tout le fond du visuel, la couleur ocre-jaune qui constitue le code chromatique de l’identité graphique et ici celle aussi de la communication, code dont les connotations sont multiples : l’ocre de la terre qui a longtemps caché ces objets, l’ocre des enduits de l’architecture romaine, si ce n’est l’ocre du sable des arènes, autre image mentale certes réductrice, mais tout de même prégnante, du monde romain.

 

Le visuel s’inscrit donc dans une codification aisément repérable :

 

la photographie pour l’objet apparent, l’objet en retour (la photographie étant employée dans la communication visuelle à des fins d’objectivation) ;

 

le dessin pour la trace que laisse l’objet dans nos mémoires, le dessin étant traditionnellement associé à l’expression d’une idée, à un processus mental de conception imageante de l’objet.

 

L’autre grand principe visuel est le décalage:

 

décalage des images,

glissements, dédoublements et décalage

des lettres dans la typographie – devenant aussi logotypie

 

le visuel étant aussi en partie une image typographique – produisant du recouvrement (disparition partielle) et de la ré-apparition,

 

de fait, le couple disparition/ré-apparition

produit aussi de la suggestion, de l’attente,

celui de redécouvrir tous les objets qui étaient cachés et de recouvrer ainsi par l’imagination la vie de l’antique Bagacum.

 

devient-il une entité dialectique et dynamique, qualité qu’induit le travail graphique de superposition, ou plus exactement d’imbrication des figures.

 

D’où aussi ce travail autour de ce qui n’est pas tant une opposition mais une dualité,

et mieux un processus, car le couple disparition/ré-apparition s’articule en réalité en trois temps:

 

///// le temps qui passe (le processus de dégradation lente, d’oubli et de disparition)

 

///// le temps de la transformation (d’un usage fonctionnel des objets à leur muséification, mais aussi dans cette proposition, la transformation graphique de l’image qui marque une altération et par là-même une temporalité agissante, transformatrice, créatrice)

 

///// le temps de la re-présentation (la ré-apparition de l’objet dans son intégrité ou dans sa fragmentation et, en l’occurrence, la re-présentation muséographique résultant de la ré-union des objets qui proviennent du site).

 

Enfin, ré-apparition, et non des moindres,

de ces images peintes ou sculptées de ces hommes du passé, ces hommes toujours pensant ou parlant en nous, qui se sont rencontrés, ont commercé et échangé dans ce site de Bagacum.

 

Le visuel ici proposé parle aussi de ces passages d’hommes qui nous ont précédés en ce lieu habité et fascinant.  

 

 

disparition/ré-apparition, une moitié apparente, une autre moitié traitée graphiquement

selon un processus d’effacement de la figure,             >>>>> l’inversion se déclinant, en avant ou en arrière-plan,

                                                                                                            selon le propos : carte d’invitation, annonce presse …